Business angels : porter les entrepreneurs le plus loin possible et contribuer

à leur émergence

Intitulée « Investir dans l’innovation, pourquoi pas vous ? », la conférence débat organisée par le réseau régional Alumni Business Angels dans le cadre de la Semaine des Business Angels s’est tenue hier soir sur le site de The camp. L’étape aixoise a permis de découvrir l’univers des start up régionales et des investisseurs qui ont contribué à leurs succès. L’investissement dans les entreprises innovantes : un sujet plus que d’actualité avec le vote imminent de la nouvelle loi de Finances.

Retour sur les temps forts et les témoignages de la soirée.

Un Business Angels : ni mécène, ni banquier mais un investisseur à l’écoute des entrepreneurs

« Contrairement à certaines idées reçues, un business angels ne jongle pas avec des millions » indique en préambule Michel Vacher, Président de Alumni qui a souhaité démystifier cette notion. Ni mécènes, ni banquiers, les investisseurs sont avant tout des cadres supérieurs, professions libérales, chefs d’entreprise ou retraités ayant tous en commun une motivation : la création de valeur par l’innovation et la volonté de s’impliquer aux côtés de chefs d’entreprise avec lesquels ils partagent l’innovation créée. « Un investisseur est une personne qui a un peu d’argent – les investissements commençant généralement à 5 000 € -, et qui accompagne les entrepreneurs dans leurs stratégies de développement en leur apportant expérience, réseau professionnel, temps et compétences techniques, commerciales, marketing » poursuit-il.

Ses motivations sont diverses : il peut vouloir diversifier son patrimoine, avoir une action directe sur la rentabilité de ses investissements, élargir son réseau professionnel…

Les business angels ont la parole

Chaque investisseur a démontré l’importance de découvrir de nouvelles compétences et expertises, mais aussi d’être partie prenante dans des projets, porter les entrepreneurs le plus loin possible et contribuer à leur émergence. « Le plus gratifiant est de se retrouver quelques années plus tard et de voir l’entrepreneur grandi, grâce à notre argent, notre temps passé, nos compétences et conseils. Un business angels doit comprendre le dirigeant et son modèle économique. Cela passe beaucoup par l’écoute. Avant tout, il s’agit d’une rencontre. L’aspect humain a une place primordiale car c’est ensemble que nous avançons » ont-ils indiqué.

La découverte de nouvelles innovations, la richesse de certains projets, soutenir l’entrepreneuriat en France sont des éléments essentiels motivant l’ensemble des business angels. « Investir dans des entreprises innovantes me fait plus vibrer que l’immobilier » a précisé l’un d’entre eux.

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Apport des business angels

Les entrepreneurs présents à la soirée ont fait appel aux investisseurs Alumni pour renforcer les fonds propres de leur entreprise, tout en étant accompagné par des dirigeants expérimentés. Chacun a pu témoigner sur l’implication et la relation entretenue avec les investisseurs.

Créée en 2009, Adiona est une plateforme internet à usage des étudiants leur permettant de trouver à l’étranger des séjours linguistiques, stages en entreprises, VIE ou séjours au pair. L’entreprise emploie aujourd’hui 41 personnes et a récemment levé 525 000 €, grâce à l’apport permanent de nouvelles innovations, la réactivité et l’enthousiasme de l’équipe : des notions qui ont séduits les business angels. Un apport financier qui, couplé au recul,

conseils et expertises du réseau permet à Yves Perret son fondateur d’avancer sereinement.

Pour Frédéric Vandenbussche, PDG chez IDCO, la valeur ajoutée d’un réseau d’investisseurs est d’« Avoir quelqu’un qui vous conseille, à tous les niveaux de l’entreprise, que ce soit juridique, commercial ou technique. Au-delà de l’aspect financier, les précieux conseils apportés n’ont pas de prix. Un business angels est une épaule sur laquelle on peut s’appuyer. De nombreux problèmes ont été réglés grâce à l’écoute et la diversité des avis du réseau ». Les investisseurs d’Alumni ont été les seuls interlocuteurs à suivre IDCO, une entreprise créée en 2004, spécialisée dans la fabrication de fours industriels à micro-onde destinés au retraitement des boues de carrières ou d’industries minérales et  à l’extraction végétale pour les industries de la parfumerie, de la cosmétique ou de la chimie verte.

La sortie est toujours une étape délicate où la négociation doit être menée au plus juste. La difficulté réside dans la différence de vision entre l’entrepreneur et les business angels sur la valeur de l’entreprise. « La négociation passe par des arguments qui font monter le prix et doivent prendre en compte l’intérêt immédiat des vendeurs, l’idée que se fait le porteur de son business et la perspective d’une autre levée avec une bonne prime d’émission. Elle passe aussi par des éléments qui le font descendre dans l’intérêt immédiat des acheteurs et pour faciliter d’autres levées de fonds. L’idéal est de faire appel à des experts externes qui apporteront un avis neuf et objectif sur la valeur de l’entreprise » indique Didier Avé, en charge de la qualité et de la professionnalisation d’Alumni. Le réseau a récemment accompagné Devisubox dont la sortie s’est effectuée l’été dernier par un rachat des parts. Certains salariés ont décidé d’investir dans cette entreprise spécialisée dans la fabrication et exploitation de boitiers photos connectés pour la surveillance de chantiers. Une sortie réussie pour l’entreprise qui affiche cette année un CA de 5 millions €.

La conférence s’est terminée par le Pitch de deux entrepreneurs à la recherche de levées de fonds. Eric Puydebois et Emmanuel Robert, co fondateurs de Erylon ont tenté de séduire, avec succès, les business angels de la salle en leur présentant leur projet en situation réelle. Une levée de fonds qui devrait permettre à la start up de devenir leader des robots de lavage d’immeubles de grande hauteur avec leur produit Clean Kong.

 

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