Chers lecteurs,

Cette semaine a lieu la 12ème édition de La Semaine des Business Angels. Cette manifestation est l’occasion de mettre en lumière l’activité des Business Angels en France et de faire découvrir les nombreux réseaux membres de France Angels. Du 27 novembre au 1er décembre, les Business Angels partagent leur expérience et leur passion pour l’entrepreneuriat et l’innovation avec l’ensemble de l’écosystème, au cours d’événements créatifs, pédagogiques, festifs ou simplement informatifs.

L’actualité liée à la Loi de Finances 2018 est, elle, moins réjouissante. France Angels est très inquiet de la réduction drastique des dispositions fiscales de fléchages des investissements des particuliers vers le capital des start-upsLors du vote en première lecture à l’Assemblée Nationale les députés ont adopté un amendement visant à renforcer le dispositif fiscal IR-PME. Cet amendement vise à renforcer le dispositif « Madelin » en portant le taux de la réduction d’impôt à 25 % du montant investi, tout en maintenant cette réduction d’impôt sous le plafond global de 10 000 euros.

L’argument que cela soit un avantage pour l’investisseur, et que son coût soit trop élevé par rapport au nombre de personnes concernées, est à la fois une erreur de raisonnement et une contre-vérité.

  • L’unique objectif d’un IR-PME efficace est de permettre aux jeunes entreprises de financer leur démarrage, et non de favoriser l’investisseur.
  • Quand un investisseur privé investit 100€, le tour de table final est en règle générale de 300€, déboursés immédiatement. Le maigre avantage de 25€ reversé à l’investisseur un an après ne pèse pas grand-chose. Sur ce total l’Etat récupère très rapidement son investissement par le seul jeu de la TVA sur les charges (loyer, achats, sous-traitances, services) et des cotisations sociales, en attendant l’IS.

Le Royaume Uni qui a mis en place ce genre de dispositif, dans des proportions sans commune mesure avec celles que nous proposons, et qui en fait régulièrement une mesure d’impact, a calculé que le retour sur investissement est inférieur à 2 ans. Nous nous étonnons que nos voisins soient meilleurs dans ce domaine de l’investissement des startups. On ne se demande plus pourquoi.

Le maintien du plafond général annule complètement le maigre relèvement du taux de déduction et les mesures imaginées n’auront  qu’une portée symbolique ; or, plus que de symboles, l’économie de notre pays a besoin d’investissements. L’instauration d’un plafond spécifique par an et par part fiscale, à l’instar de la déduction pour investissement dans les SOFICA, serait une mesure beaucoup plus efficace.

Il est très facile de casser une dynamique qui a montré son efficacité. La remettre en marche mettra quelques années perdues pour nos jeunes entreprises.

Si nous devons contribuer à faire de la France une Startup Nation, commençons par nous en donner les moyens.

Face à ce risque réel, nous avons publié une pétition afin de réunir entrepreneurs, investisseurs et membres de l’écosystème pour interpeller le Gouvernement.

Signez dès à présent notre pétition ici ! Il n’est pas trop tard pour faire bouger le gouvernement.

Bien à vous,

Tanguy de La Fouchardière
Président de France Angels

Publicités