Plus de 9% des business angels français sont en Bretagne, ce qui en fait la 3e région la plus dense après l’Île de France (51%) et le Rhône-Alpes (10,8%). Dans cet écosystème, les Bretons se sont fédérés début 2016 afin d’optimiser leur communication avec les institutions publiques. Un an plus tard, les réussites aidant, l’association « Breizh Angels » est placée aux premiers rangs des différentes réunions d’investisseurs.

En parallèle du transfert de compétences des départements vers les régions, de nombreuses associations suivent le mouvement en se rassemblant au niveau régional et les business angels ne font pas exception. Les premiers à sauter le pas ont été ceux de la région Rhône-Alpes, en 2014, suivies par ceux de la région PACA, puis des Bretons, début 2016.

« En Bretagne, les réseaux départementaux ont bénéficié d’une aide de la Région dès leur création. C’était pour faire vivre les réseaux mais cela n’a duré que 3 ans« , rappelle George Fournol, président de l’association Breizh Angels. « La Région a arrêté brutalement ces aides en expliquant qu’un système régional, plus centralisé et bénéficiant d’un interlocuteur unique, pourrait les demander à nouveau« .

À l’époque, il y a plus de 10 ans, il manquait un déclencheur pour les réunir officiellement au sein d’une seule et même structure.

 

L’EFFET BREIZH UP

Ce déclencheur s’est présenté l’année dernière, lorsque la région Bretagne a créé Breizh Up, un organisme de co-financement public-privé ne travaillant qu’avec des organismes agréés. Breizh Angelsse forme dans la foulée (regroupant Armor  Angels, Bretagne Sud Angels, Finistère Angels et Logoden) et devient le premier organisme labellisé. Ensemble, ils peuvent atteindre un investissement de 5 millions par an sur des projets et ce capital permet de créer un effet levier de 7 à 10 fois le montant d’investissement auprès des banques.

Selon Breizh Angels, 200 membres du réseau ont permis de lancer plus de soixante entreprises bretonnes, soit plus de 600 emplois générés.

 

UN RÔLE DE CONSEIL

La rançon du succès c’est que les « Breizh Angels » ont du mal à sortir du capital des entreprises qui ont réussi. « Les start-up apprécient notre accompagnement et n’ont pas envie de voir partir ces investisseurs qui amènent des conseils sans interférer dans leur fonctionnement. Lorsque vient le moment de faire notre plus-value, elles cherchent des moyens de garder notre expertise. »

Petite particularité, bien propre à la Bretagne, la fédération est très solidaire à l’extérieur mais certaines rivalités ne disparaîtront jamais vraiment. « Les Brestois ont toujours un peu peur que les Rennais prennent le pouvoir« , note Georges Fourmol. Au final, la volonté d’aider les entreprises locales permet tout de même de dépasser ces petites batailles territoriales.

 

 

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