Crowdfunding, Business Angel, VCs … l’investissement en capital-risque repose sur divers acteurs et il est parfois difficile de s’y retrouver. Contrairement aux fonds gérés par des professionnels, le financement participatif et les Business Angels reposent tous deux sur l’investissement de particuliers et peuvent parfois prêter à confusion … Ces deux dispositifs sont pourtant différents à plusieurs niveaux mais néanmoins complémentaires.

Parties intégrantes de la chaîne de financement, les Business Angels et les plateformes de crowdfunding représentent des centaines de millions d’euros investis chaque année.

Les Business Angels sont des personnes physiques qui investissent une part de leur patrimoine personnel au capital de start-up innovantes et qui les accompagnent sur la durée.

Quant au financement participatif, on peut en distinguer trois types :

  • Le don, offrant souvent une contrepartie ou la possibilité d’obtenir le produit en prévente.
  • Le prêt ou crowdlending
  • Le crowdequity (investissementau capital de TPE/PME), il s’agit d’un financement dilutif, c’est-à-dire rémunéré par une prise de capital. La partie crowdequity est celle qui se rapproche le plus de l’activité des Business Angels.

A l’instar des Business Angels, les crowdfundeurs en equity prennent des parts dans une entreprise en early stage et mutualisent leur capacité d’investissement. Les entreprises qu’ils financent sont des start-up innovantes à fort potentiel de croissance, qui ont atteint une preuve de concept et ont besoin de le développer sur leur marché.

Le principal point commun entre les Business Angels et le crowdfunding est la question de la responsabilité : dans les deux cas, le particulier sélectionne les projets dans lesquels il souhaite investir et est seul responsable en cas de non-retour sur investissement (contrairement aux FCI-FCPI par exemple). Seule différence, ce sont les Business Angels qui en amont vont chercher les dossiers, les sélectionnent et les étudient en profondeur avant de les proposer à l’investissement. Dans le cas du crowdfunding, ces étapes sont réalisées par les plateformes.

D’autre part, pour des montants totaux investis sensiblement similaires, les tours de table allant de 150/200k€ à 1 million d’euros, le nombre d’actionnaires diffère. En moyenne, un Business Angel investit 13 000 € par projet. Le crowdfunding a démocratisé le financement des start-up : le ticket d’entrée minimum est de 100 à 1000€ (le ticket moyen sur la plateforme Sowefund est de 2 500€). Un entrepreneur aura donc sûrement plus d’actionnaires en passant par une plateforme de crowdfunding que par un réseau de Business Angels. Toutefois, les processus se rejoignent, les Business Angels entrent en leur nom propre au capital des entreprises financées, tandis que les crowdfundeurs investissent la plupart du temps via une holding créée par la plateforme qui agrège tous les investisseurs d’une même société. Dans les deux cas, un ou plusieurs référents participent à la gouvernance de l’entreprise, ayant ainsi des contacts permanents et organisés avec les entrepreneurs.

La notion d’accompagnement

Les Business Angels offrent aussi un accompagnement, indissociable du financement. Et oui, au-delà de l’apport financier, le Business Angel met à disposition de l’entrepreneur ses compétences, ses contacts et son expérience. En aucun cas il ne s’agit pour les Business Angels d’interférer dans la gestion quotidienne de l’entreprise (et de toute façon, ils sont minoritaires !), mais plutôt d’apporter leur aide pour éviter des erreurs classiques en matière de création d’entreprise. N’oublions pas que la plupart des Business Angels ont eux-mêmes été entrepreneurs un jour et qu’ils souhaitent revivre une expérience entrepreneuriale… avec un peu plus de recul.

Les plateformes proposent également un accompagnement aux entrepreneurs. De leur côté, les particuliers investissant via des plateformes de crowdequity peuvent, à leur niveau, apporter conseils, réseau et expérience, mais surtout de la visibilité. Ils deviennent effectivement ambassadeurs de la société dans laquelle ils investissent, et feront naturellement la promotion de ses produits et services, auprès de leur entourage. L’effet bouche à oreille est très important, surtout à un stade de développement jeune des sociétés. Les campagnes de financement en ligne sont également des vitrines et constituent une occasion de communiquer massivement (via les réseaux sociaux, grâce à la médiatisation de leur campagne et leur mise en avant dans la presse).

Un écosystème gagnant-gagnant

Ces acteurs complémentaires ont de plus en plus tendance à s’associer, et on note un nombre grandissant de co-investissements réalisés entre plateformes de crowdfunding et réseaux de Business Angels, pour soutenir les entrepreneurs. Ensemble, Business Angels et crowd-investisseurs mutualisent leur capacité de financement et leur effet de levier sur l’activité et la croissance de l’entreprise financée. C’est notamment le pari qu’a fait la plateforme Sowefund, première en France à proposer une syndication des différents acteurs du capital-innovation pour financer des start-up innovantes à fort potentiel. Les réseaux de Business Angels partenaires de la plateforme interviennent comme tiers de confiance reconnus, apportant un supplément de garantie dans les projets proposés à l’investissement. Les épargnants petits porteurs placent ainsi plus volontiers dans une start-up validée par ces réseaux d’experts. Un écosystème gagnant-gagnant, au sein duquel entrepreneurs, Business Angels et particuliers trouvent des avantages.

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