Dans la mythologie grecque, Arion est un cheval doué de la parole. Et c’est en référence à cet animal légendaire, ancêtre putatif du Jolly Jumper de Lucky Luke, que Valentin Rapin et Erwan Mellerio ont baptisé leur jeune société du nom d’Arioneo.

Car les systèmes connectés qu’ils produisent visent rien moins qu’à permettre aux chevaux de répondre aux multiples questions que se pose leur cavalier : « Comment vas-tu ? » « As-tu trop chaud ou trop froid ? » « Es-tu fatigué ? » « As-tu dormi longtemps ? », etc.

Passionnés de sports équestres, les deux associés ont choisi d’unir leurs compétences, commerciales pour l’un, agronomiques pour l’autre, dans un nouveau produit inspiré de la médecine humaine : un capteur, intégré dans une couverture, capable de fournir les informations de base relatives à l’état physique d’un cheval au repos : température, stress, degré de sudation. « Entre l’idée et la commercialisation des premiers exemplaires se sont écoulés près de trois ans », calcule Valentin.

Trois ans de recherches, d’expérimentations laborieuses, de démarches auprès des utilisateurs potentiels, de négociations avec les investisseurs. « Le déclic s’est produit quand nous avons obtenu l’appui du réseau Paris Business Angels et du fonds Angel Source pour plus d’un million d’euros, en complément d’une Bourse French Tech de la Banque publique d’investissement Centre – Val de Loire. Nous avons pu quitter le local de Mont-près-Chambord que nous prêtait la mère d’Erwan, recruter un vétérinaire équin et un ingénieur systèmes embarqués et décrocher un premier marché sous marque blanche chez une grande enseigne de sports. »

3.000 capteurs vendus

Aujourd’hui, Arioneo a pignon sur rue à Paris et compte douze collaborateurs, dont huit ingénieurs cumulant toutes les compétences requises pour un développement en interne des produits. Baptisé « Orscana », le capteur nouvelle génération, désormais commercialisé sous la marque Arioneo, a déjà été vendu à 3.000 exemplaires, principalement en France, et bientôt dans toute l’Europe, aux États-Unis et en Australie via un réseau de distributeurs.
Dans la foulée de ce premier succès, l’entreprise planche sur un second système connecté : intégré à un harnais, ce nouveau capteur baptisé « équimètre » est destiné cette fois au cheval en plein effort. Doté d’électrodes spécifiques pour lire à travers les poils et la peau, il transmettra des données physiologiques telles que le rythme cardiaque, la vitesse, les vibrations et signaux de douleur éventuels. « C’est un outil qu’attendent les entraîneurs de chevaux de course. Il permettra d’optimiser les performances, mais aussi de constituer une base de données scientifiques pour tous les professionnels du secteur. »
Homère aurait-il imaginé qu’un jour, mythologie rimerait avec nouvelles technologies ?

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