Claude Schwab est un Business Angel membre de Paris Business Angels. Il a réalisé, après une séance de pitch devant les membres de son réseau, un « bilan » de ses six années en tant que Business Angel au sein du réseau. Il a accepté d’en parler avec nous pour que ces années d’expérience puissent parler au plus grand nombre.

claude schwab

Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir Business Angel ?

Ma vie professionnelle a été plutôt diversifiée. En 2009, à la revente de mon entreprise, j’avais une réelle envie de partager mon expérience, d’aider les autres notamment les plus jeunes, tout en gardant cet environnement varié autour de moi. C’est l’envie de transmettre qui a été la principale raison.

Vous avez fait le bilan de vos investissements :

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–> 0 sorties; 3 envisageables en 2016.

 

En voyant ce bilan, on se dit que c’est une activité risquée…

Bien sûr que c’est une activité risquée mais c’est un choix dont il faut être conscient dès le début, et la balance s’équilibre quand on diversifie ses investissements. De plus je n’évalue jamais le risque seul, c’est le couple risque/bénéfice qu’il faut prendre en compte. Quand les deux sont en adéquation, ce n’est pas un problème d’investir dans une société à haut risque.

Comment anticipez-vous les sorties avec le porteur de projet ?

Il y a une clause dans le pacte d’associé qui y fait référence. C’est également le rôle du comité stratégique d’aider l’entrepreneur à valoriser l’entreprise, à la rendre attractive pour des investisseurs futurs, et à faciliter la sortie des Business Angels à terme.

Quelles sont les leçons que vous avez tirées de ces investissements ?

Je crois que le plus important est le facteur différenciant de l’idée et son potentiel sur son marché. Néanmoins, l’idée est rarement un problème dans l’évaluation, ses éléments sont objectifs et rationnels, ils sont relativement faciles à analyser et à maîtriser.

Il me semble maintenant primordial de valider la personnalité du porteur de projet aussi bien que les chiffres qu’il apporte. C’est un travail beaucoup plus difficile et moins objectif, et pourtant c’est ça qui peut également souvent pêcher par la suite.

Voyez-vous une solution pour pallier ce problème au moment de l’instruction ?

De manière générale, il faut qu’on mette davantage l’accent sur cette dimension et que l’on arrive à rendre cette démarche un peu objective. Ce qui fait la réussite ou l’échec de la société, en plus de l’idée, c’est la qualité des porteurs de projet, il ne faut pas le négliger.

Donc, les caractéristiques primordiales pour le bon fonctionnement d’une entreprise seraient…

D’une part l’humain, la personnalité du porteur de projet, comme je viens de le dire, et d’autre part sa capacité à vendre son produit ou son service, à mettre en place une stratégie commerciale et marketing. Être vendeur et avoir une stratégie commerciale sont deux choses différentes.  J’ai vu des supers vendeurs qui vendaient très bien, voire trop bien, planter leur projet parce que cette stratégie manquait.

Vous  n’insistez pas particulièrement sur la complémentarité d’équipe ?

« On est une équipe soudée, complémentaire et pleine d’expérience », c’est la nouvelle présentation type ! Je cherche des personnalités fortes, des gens intelligents qui sachent écouter, prendre du recul et qui aient une vision de leur entreprise : où ils veulent aller et comment ils veulent y aller. Si le porteur de projet possède tout ça à lui seul, une équipe complémentaire à ce stade n’est pas nécessaire. Il s’aura s’entourer.

Avez-vous un conseil pour les Business Angels ?

En instruction, valider autant la personnalité du porteur de projet et la stratégie commerciale que la pertinence de son concept sur le marché.

Et un pour les porteurs de projet ?

Le Business Angel n’est pas qu’une ressource financière ! Il a de nombreuses choses à vous apporter dans bien d’autres domaines. Et il en a envie !

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